Cinq minutes ne s'étaient pas écoulées depuis le départ du maréchal, et il réfléchissait à la fable qu'il inventerait pour forcer l'officier à parler, lorsqu'il vit l'un des soldats du poste s'éloigner de la porte en prenant la rue Saint-Antoine.
Pardaillan le suivit. Il pensait simplement qu'il lui serait plus facile de tirer quelque chose de ce soldat. Il l'aborda donc et se mit à marcher de conserve avec lui.
—Il fait chaud, dit-il, pour entrer en matière. Une bouteille de vin frais serait la bienvenue?
—La bienvenue, mon gentilhomme.
—Voulez-vous en boire une avec moi, à la santé du roi?
—Je veux bien, par ma foi.
—Entrons donc dans ce bouchon...
—Pas maintenant.
—Pourquoi pas maintenant, puisque c'est maintenant que nous avons soif?
—Parce que j'ai une commission à faire.