Là-dessus, Pardaillan se mit en chemin pour regagner l'hôtel de Montmorency.
Dans cette soirée, le maréchal de Damville reçut autant de billets qu'il y avait de portes à Paris. Tous contenaient la même indication en peu de mots: «Rien de nouveau» ou bien: «Le maréchal ne s'est pas présenté pour sortir», ou bien encore: «Les personnes signalées ne sont pas venues.»
Seul, le poste de la porte Saint-Antoine n'envoya aucun rapport.
Ainsi, le maréchal de Montmorency, Loïse, Jeanne de Piennes et les deux Pardaillan étaient prisonniers dans Paris! Damville qui, en attendant de pouvoir assassiner Charles IX, usait et abusait du crédit dont il jouissait auprès du jeune roi, Damville avait obtenu pour une durée de trois mois la charge d'inspecter les portes de Paris. Il n'avait pas eu de peine à démontrer que, dans les circonstances présentes, il fallait exercer une étroite surveillance sur tout ce qui entrait dans Paris.
Et le roi lui avait confié le redoutable emploi qui le faisait quelque chose comme gouverneur militaire de Paris.
A l'hôtel de Montmorency, l'existence s'écoulait sans incident. Il avait été convenu qu'on resterait enfermé sans vaine tentative. Les portes de Paris ne pouvaient demeurer longtemps fermées et, à la première occasion, le départ se ferait tout naturellement.
Une quinzaine de jours s'écoulèrent ainsi.
Le chevalier et le vieux Pardaillan sortaient presque tous les jours pour aller aux nouvelles et en prenant toutes les précautions nécessaires pour ne pas être reconnus.
Un soir, le routier, qui était sorti seul, rentrait à l'hôtel lorsque, dans la loge du suisse, il aperçut quelqu'un qu'il reconnut immédiatement: c'était Gillot, le digne neveu de l'intendant de Damville.
—Que viens-tu faire ici? gronda-t-il.