—Je suis prêt... à tout!
—Je le sais, monsieur, je le sais, et c'est pourquoi, dans les circonstances difficiles que nous traversons, j'ai songé à vous. J'ai des ennemis, ou plutôt mon fils a beaucoup d'ennemis...
—De quel fils Votre Majesté parle-t-elle en ce moment?
«Oh! Oh! pensa la reine. Corpo di Christo, voila un gaillard plus intelligent que je ne le pensais!»
Elle poussa un soupir, et dit d'un ton languissant:
—Mais de quel fils voulez-vous que je parle, sinon du roi...
—C'est que, comme je suis le plus fidèle serviteur de Mgr Henri, j'ai toujours une tendance à m'imaginer que c'est lui le seul fils de la reine. Pardonnez-moi, madame, j'oubliais le roi!
—Monsieur de Maurevert, dit-elle, j'aime également mes enfants... Lorsqu'il plaira à Dieu de rappeler à lui mon pauvre Charles, je serai heureuse de savoir qu'Henri possède des serviteurs aussi dévoués que vous... Mais, ce dévouement que vous avez pour le duc d'Anjou, ne sauriez-vous l'offrir au roi pour un temps?
—Madame, dit Maurevert, ce que j'en ai dit, c'est pour faire comprendre à Votre Majesté que j'appartiens corps et âme à Mgr d'Anjou...
Les yeux de la reine étincelèrent de joie. Maurevert surprit cette joie et continua: