—Mais il va sans dire que, si le roi a besoin de mes faibles services, je lui suis tout acquis: c'est mon devoir de fidèle sujet.
Il y avait une telle différence entre le ton que le bravo employait pour parler du duc d'Anjou et pour parler du roi que Catherine, transportée, s'écria:
—Monsieur de Maurevert, vous êtes un honnête homme et, si vous voulez m'obéir, je me charge de votre fortune!
Car cette femme si rude, si subtile, devenait aveugle dès qu'on la flattait dans son amour pour Henri d'Anjou.
Elle reprit après une minute de réflexion:
—Puisque vous voulez servir le roi, je veux vous donner une preuve de mon amitié en vous disant quels sont ses ennemis...
—J'écoute Votre Majesté, tout prêt à renfermer dans mon coeur comme au fond d'une tombe les secrets qu'elle daignera me confier.
—Je connais votre discrétion... Mais est-ce bien un secret pour vous? Ne vous doutez-vous pas de quels ennemis je veux vous parler?
—Serait-ce de M. le duc de Guise?
—Guise? Oh! non... le duc nous est tout dévoué...