Elle s'était redressée. Une flamme de haine mettait une auréole tragique sûr ce front vieilli... Une grande horloge, à ce moment, sonna lentement neuf heures.

—Dans quelques minutes, reprit-elle, le visiteur sera ici. Tu auras soin, René, de le placer de façon qu'il voie et entende tout. Quant à Guise, tu le feras introduire dans cet oratoire. Va, mon bon René... A propos, ce Loignes, comment est-il?... En réchappera-t-il?...

—Oui, ma reine. Il vivra. Dans un mois, il sera debout...

—Tu me l'amèneras alors, que je sache ce qu'on peut tirer de cet homme.

Ruggieri, au lieu de sortir, s'approcha de la vieille reine, sortit de sa poche un sachet de velours, et en tira une pierre ronde qu'il déposa sur la table, devant Catherine.

—Qu'est-ce que cela? fit la reine dont les yeux se mirent à briller de joie. Un nouveau talisman?...

—Oui, madame, dit gravement Ruggieri. J'ai pensé qu'en ces effrayantes conjonctures Votre Majesté ne saurait être assez protégée contre les maléfices et le mauvais sort.

—Ah! René, tu me sauves! s'écria Catherine qui, de ses doigts tremblants, saisit la pierre et l'examina.

C'était un onyx rond, de deux couleurs, sur lequel était gravé un mot...

—Publeni..., épela la vieille reine.