—Un mot de cabale que j'ai trouvé dans le manuscrit de Nostradamus, répondit l'astrologue. Sa vertu est à peu près infinie. Lorsque vous serez embarrassée pour trouver l'idée victorieuse, la réponse sans réplique, il suffira que vous le prononciez trois fois à voix basse...
—Publeni! répéta Catherine de Médicis.
Déjà Ruggieri avait sorti d'une trousse des pinces d'acier, pareilles à celles dont se servent les bijoutiers. Catherine dégrafa un bracelet qu'elle portait au poignet gauche. Ce bracelet se composait déjà de neuf chatons que Ruggieri avait donnés à la reine en diverses circonstances. L'astrologue y joignit l'onyx qu'il venait d'offrir.
—Vous voilà solidement armée, ma reine, dit l'astrologue quand il eut terminé son travail.
Sur ces mots, Ruggieri sortit.
—M. Peretti est-il arrivé? demanda-t-il à un laquais.
—Il attend depuis quelques minutes dans la salle des Nymphes.
Ruggieri s'avança précipitamment vers cette salle. Là, un homme vêtu comme un modeste bourgeois, assis dans un fauteuil à coussins. C'était un vieillard à cheveux gris; il pouvait avoir un peu plus de soixante-huit ans; mais sa taille élevée se tenait droite dans une attitude de force et d'orgueil. Tel était M. Peretti.
Au moment où Ruggieri entra, il se leva en gémissant, comme s'il eût eu beaucoup de peine à se mouvoir, et, courbé, s'appuya sur une canne de sa main droite, tandis que, de la gauche, il pesait de tout son poids sur le bras que Ruggieri lui tendait avec respect.
L'astrologue conduisit le visiteur jusqu'à une pièce qui communiquait avec l'oratoire de la reine. De la place où il s'assit, M. Peretti pouvait voir et entendre à travers une baie assez large qui était dissimulée par une tapisserie...