—Quelle autorité avez-vous pour conduire à bien cette entreprise? Il faudrait donc tout d'abord vous faire proclamer roi! C'est-à-dire déposer mon fils, ce qui serait un crime abominable.
—Quelle que soit ma répugnance à ce crime, il faudra pourtant le commettre, madame!....
—C'est la guerre civile déchaînée, dit Catherine.
—Voyez-vous un autre moyen d'arrêter le Béarnais? demanda le duc avec une insolente ironie.
—Il y en a un, dit Catherine gravement, un seul... c'est d'attendre la mort de mon fils...
Guise tressaillit violemment. Catherine, à ce moment, paraissait auguste de douleur et de majesté.
—Vous savez, dit-elle d'une voix infiniment triste, que le pauvre enfant est condamné; vous savez que les médecins ne lui accordent pas plus d'un an à vivre maintenant... Duc, écoutez-moi... Ne voyez en moi qu'une mère affligée, une chrétienne qui veut mourir en paix, en accomplissant jusqu'au bout son devoir... Henri est mon dernier enfant... Après lui, la dynastie des Valois est donc éteinte.
Guise, maintenant, écoutait avec une telle attention que le chapeau qu'il tenait à la main lui glissa des doigts.
Un imperceptible sourire balafra ses lèvres minces.
—Mon fils mort dans quelques mois, reprit-elle, qui va succéder à la race des Valois éteinte?... Qui donc, sinon celui que le roi Henri III aura désigné lui-même?...