Sur la gauche de l'hôtel de la rue des Barrès, se trouvait une petite cour. Là, s'ouvrait l'écurie. Le chevalier, traversant la petite cour, aperçut deux hommes sur la porte de cette écurie, assis sur une botte de paille et devisant entre eux, assez mélancoliquement.
C'était Picouic et Croasse. Ils se levèrent à la vue de celui qu'ils avaient failli assassiner.
—Que diable faites-vous là? demanda-t-il.
—Comme monseigneur peut le voir, nous prenons le frais avant de nous mettre à la recherche d'un maître moins rude que Belgodère.
—Belgodère? demanda Pardaillan qui tressaillit. Celui-là qui fait profession de bateleur et logeait rue de la Tissanderie, à l'auberge de l'Espérance?...
—Celui-là même!... Si monseigneur daignait le permettre, je lui soumettrais une idée qui m'est venue en dormant sur le foin de cette écurie...
—Voyons l'idée, dit Pardaillan.
—Nous cherchons un maître, monseigneur, un maître qui ne nous rosse pas du matin au soir, et nous sustente autrement qu'avec des cailloux. Nous cherchons, dis-je, un maître qui sache reconnaître notre intelligence, notre habileté. Pourquoi ne seriez-vous pas ce maître?
—Dites-moi, fit Pardaillan qui avait suivi son idée à lui, puisque vous avez vécu avec ce Belgodère, qui était cette jeune fille, nommée... comment donc?...
—Monseigneur veut parler de la chanteuse Violetta?