—C'est cela même. Avez-vous un soupçon de ce qu'elle pouvait être et de l'intérêt que votre maître pouvait avoir à la garder avec lui?

—Nous ne la connaissions pas. Lorsque Belgodère nous a rencontrés et nous a engagés dans sa troupe, Violetta et Saïzuma vivaient déjà avec le bohémien.

—Saïzuma? demanda Pardaillan.

—Oui: la diseuse de bonne aventure... une folle.

—Et cette Saïzuma a-t-elle disparu aussi?

—Je l'ignore, monseigneur; nous n'avons pas remis les pieds à l'auberge de l'Espérance... Mais monseigneur n'a pas répondu a la demande que j'avais l'honneur de lui soumettre humblement.

—Ah! oui... vous cherchez un maître, et il vous conviendrait que ce maître, ce fût moi?... Eh bien, je vous répondrai là-dessus demain matin. Demeurez donc ici pour cette nuit encore et nous verrons... Mais, dites-moi, cette Saïzuma... vous dites que c'est une folle?...

—Du moins, elle paraît telle. D'ailleurs, elle parle fort peu, si ce n'est pour exercer son métier qui est de lire dans la main des gens.

—Savez-vous si elle connaissait la petite chanteuse?

—Qui peut savoir ce que pense Saïzuma? Elle est un mystère vivant. Son visage même nous est inconnu, car elle porte toujours un masque.