—Je ne vous en veux pas...

Le chevalier lui glissa un écu d'or dans la main. Et il continua son chemin jusqu'à la porte du cabaret. Sur le seuil, il se retourna, tira de sa poche une poignée de pièces de cuivre et d'argent mêlées, et il les jeta en pluie, et il sortit avec Saïzuma, tandis que, dans la salle, il y avait une ruée sur les pièces qui couraient et roulaient.

Il faisait nuit noire. La ville dormait, silencieuse, et Pardaillan arriva rue Montmartre, escortant la bohémienne.

—Madame, dit alors le chevalier, vous voilà délivrée de ces gens. Mais où irez-vous à présent? Si vous voulez....

—Je voudrais, dit Saïzuma, sortir de cette ville. J'étouffe dans cette ville... Pourquoi y suis-je venue?...

—Mais où irez-vous ensuite!... Pauvre femme... Suivez-moi... je connais non loin d'ici une auberge, une bonne auberge, et le bon coeur de l'hôtesse pansera les plaies de votre coeur... dites, le voulez-vous?...

—Sortir! murmura Saïzuma en secouant la tête. Oh! m'échapper de cette ville où j'ai souffert... où je souffre!... Qui que vous soyez, avez-vous pitié de moi!...

—Eh bien, soit!... Venez... dit Pardaillan ému.

Ils atteignirent la porte Montmartre et se trouvèrent sur cette route mal entretenue qui, serpentant à travers des marais, s'en allait vers le pied de la montagne. Alors il entreprit d'interroger la bohémienne.

—Vous avez, dit-il, longtemps vécu avec le bohémien Belgodère?