—Et pour ce service, dit M. Peretti, pour cette défense que vous m'offrez, que demandez-vous?

—Rien, répondit Pardaillan.

M. Peretti tressaillit et regarda Pardaillan d'un air soupçonneux. Cet homme n'est-il pas un ennemi envoyé d'avance. Mais, devant la figure loyale de Pardaillan, ses doutes s'envolèrent.

—Vous êtes un brave chevalier, dit-il, excusez mes défiances, elles vous sembleront naturelles quand vous saurez que je suis responsable de tout cet argent. Je parlerai de vous à notre Saint-Père, vous pouvez en être assuré, et il trouvera, lui, une récompense digne de vous.

—Ma récompense est toute trouvée, dit Pardaillan, narquois. Ne vous en inquiétez donc pas, je vous en prie.

M. Peretti, encore une fois, demeura perplexe.

«Quel diable d'homme est-ce là?» songea-t-il.

Et, pour pénétrer le mystère, il pria le chevalier à dîner avec lui, ce que Pardaillan s'empressa d'accepter.

Pendant ce repas, il remarqua plusieurs choses: d'abord, que le dîner était de beaucoup trop délicat pour un simple meunier; ensuite, que M. Peretti était entouré d'un respect étrange. Il en conclut qu'il avait affaire à quelque haut et puissant seigneur au service de Sixte-Quint.

Le dîner finissait lorsque le duc d'Angoulême arriva escorté de Picouic et de Croasse. Les deux laquais portaient chacun deux mousquets, des pistolets, enfin tout un attirail de guerre qui fit sourire M. Peretti.