—Mon masque est rouge, mais, si je le retire, on verra que mon visage est pourpre de honte. Tous ceux qui étaient dans l'église cathédrale sur la place de Grève m'ont vue...
—L'église cathédrale! murmura Fausta en tressaillant. La place de Grève!... Oh! serait-ce bien elle?...
—Et puis, peut-être tu redouterais d'être reconnue par le bourreau? ajouta-t-elle, étudiant l'effet de ses paroles.
—Le bourreau n'est rien, dit Saïzuma. Il ne m'a pas fait de mal. Il n'a pas broyé mon coeur. Celui que je redoute, c'est l'imposteur qui a tué mon âme...
—Le nom de cet imposteur? dit Fausta en suivant avec une attention passionnée l'effet de ses paroles.
—Il est là! répondit Saïzuma, en posant la main sur son sein. Nul ne le saura.
—Eh bien, je le sais, moi!...
Saïzuma éclata de rire. Fausta saisit sa main, l'ouvrit, y jeta un regard, et d'une voix impérieuse:
—Les lignes de ta main m'ont révélé ta vie passée...
Saïzuma retira violemment sa main et la referma dans un mouvement de terreur convulsive.