Claudine, devant cette scène imprévue, était devenue livide d'épouvante. Fausta gardait cette admirable expression de majesté sereine qui lui était habituelle.

—Et ton maître, dit-elle, qui est-ce?...

—Mgr le cardinal Farnèse...

—Fausta avait violemment tressailli.

—Je te suis! dit-elle.

Si Claude fut étonné par ce peu de résistance, il ne le témoigna ni par un mot ni par un geste. Fausta, d'un signe, avait rassuré Claudine. Puis, se penchant vers Saïzuma, elle la releva en murmurant à son oreille avec une expression d'infinie pitié:

—Venez, pauvre femme, et vous ne souffrirez plus...

Maître. Claude, sa dague nue à la main, ouvrit la porte. Fausta passa, s'appuyant sur le bras de Saïzuma, ou plutôt l'entraînant. L'abbesse voulut la suivre, mais Claude referma la porte à clef, en disant:

—Demeurez ici, madame. Sachez de plus que, si vous appeliez, l'unique chance de salut qui reste à la princesse Fausta s'évanouirait.

Claudine demeura donc enfermée dans la chambre, à demi évanouie de terreur. Quant à Fausta, elle marchait d'un pas tranquille. Claude venait derrière elle. Lorsque Fausta fut arrivée au bas de l'escalier, elle se tourna vers le bourreau.