Hagard, livide, d'une voix si triste et si déchirante que Charles en demeura plein d'angoisse, le cardinal répondit:

—Qui je suis... Un malheureux qu'une femme a maudit dans une heure terrible. Regardez-moi... Je suis le cardinal prince Farnèse, l'amant de Léonore de Montaigues, le père de Violetta...

—Son père! haleta Charles.

—Sa mère! murmura Pardaillan en jetant un regard de pitié sur la bohémienne Saïzuma.

—Fuyez! reprit le cardinal hors de lui; fuyez, jeune homme! Ne me touchez pas! Tout ce qui me touche est maudit!...

Pardaillan lui mit la main sur l'épaule.

—Monsieur le cardinal, dit-il, soyez homme. Voici mon ami, M. le duc d'Angoulême... il aimait la pauvre petite Violetta... Vous dites qu'elle est morte... vous ne pouvez tout au moins refuser à cet enfant la terrible consolation de savoir comment elle est morte...

—Comment? bégaya Farnèse... morte... assassinée.

Pardaillan tressaillit. La pensée du duc de Guise traversa son cerveau.

—Assassinée! dit-il froidement. Par qui?