Lorsque Fausta atteignit l'abbaye de Montmartre, tout était obscur et silencieux. Mais, l'un des cavaliers ayant heurté à la porte d'une certaine façon, le double vantail ne tarda pas à s'ouvrir tout grand. Fausta, ayant mis pied à terre, se fit conduire à l'appartement de l'abbesse.
—La prisonnière? demanda Fausta d'une voix qui étonna Claudine par sa vibration d'inquiétude.
—Elle est toujours là, madame, rassurez-vous...
—Conduisez-moi près d'elle.
Simplement, l'abbesse prit un flambeau et se mit à précéder Fausta. Elle ouvrit la barrière. Belgodère ne dormait jamais que d'un oeil. Il entendit donc les pas de Claudine et de Fausta, et, se jetant à bas du lit de camp où il sommeillait tout habillé, alla ouvrir la porte, méfiant. Il reconnut aussitôt l'abbesse, et s'inclina profondément.
—La prisonnière? répéta Fausta avec cette même émotion que Claudine avait déjà remarquée.
Belgodère la reconnut à la voix; il se courba cette fois jusqu'au sol.
—Ce qu'on me donne à garder, dit-il, je le garde. La prisonnière est là!...
Les deux femmes pénétrèrent dans le logis sommairement meublé d'un petit lit de camp, d'une table et de deux chaises, le tout éclairé par une torche. Claudine tira les verrous d'une porte. Fausta prit le flambeau et dit:
—J'entrerai seule...