Après le départ de Belgodère, Fausta s'était mise à écrire. Voici ce qu'elle écrivit:
«Votre rébellion méritait un châtiment. C'est pourquoi je vous ai infligé une souffrance proportionnée à votre faute. Puisque la rébellion était causée par votre fille, j'ai voulu que la souffrance vous vînt de votre fille. Et c'est pourquoi je vous ai dit qu'elle était morte. Mais vous êtes mon disciple bien-aimé. Je ne veux pas que la punition se prolonge... Cardinal, apprenez donc que Violetta n'est pas morte. Si vous voulez la revoir, trouvez-vous demain matin dans notre logis de la place de Grève, et, à l'homme qui, un peu avant dix heures, vous viendra voir, demandez de vous la montrer: il vous la montrera.»
«Votre très affectionnée qui attend votre retour.»
Alors Fausta laissa tomber dans sa main sa tête alourdie et murmura:
«J'atteins et je frappe Farnèse. Mais comment atteindre et frapper Pardaillan avant de le livrer à Guise?... Le père assistera au supplice de Violetta... pourquoi l'amant n'y assisterait-il pas?»
XXXIII
LA CHEVALIÈRE
Fausta, longtemps, demeura immobile. Jusqu'à cette minute, elle avait lutté contre la passion. Maîtresse de ses sentiments, elle avait méprisé les premiers avertissements de l'amour. Maintenant, la tempête d'amour grondait en elle. Et, courbée, déchue de sa propre magnificence, elle râlait un cri sublime:
«J'aime! oh! j'aime!»
Et, comme elle sentait sa pensée vaciller et tituber, soudain un tableau se forma devant ses yeux.