Alors l'homme heurta à différentes reprises le marteau de la porte...
Le chevalier de Pardaillan dormait de tout son coeur lorsqu'un laquais vint le réveiller en lui disant qu'un étranger, malgré l'heure extraordinaire, voulait lui parler à tout prix. Pardaillan objecta qu'il avait pris l'habitude de dormir la nuit et qu'il trouvait fort déplaisant d'être réveillé au moment où il faisait un très beau rêve, et il ajouta:
—Sache, maraud, que je ne me lèverais à cette heure que pour deux choses également respectables: pour recevoir une honnête dame, ou pour me battre avec un ennemi pressé.
Et Pardaillan se tourna du côté du mur en menaçant le laquais de le jeter par la fenêtre, s'il ne le laissait reprendre son rêve au point où il l'avait quitté si malencontreusement.
—Monsieur le chevalier, dit une voix, si ce n'est pour les deux motifs indiqués par vous qu'on vient vous réveiller, c'est tout au moins pour l'un d'eux.
Pardaillan se retourna, s'accouda et aperçut l'étranger qui, ayant suivi le laquais jusqu'à la porte, avait assisté à ce colloque.
—Ah! ah! dit le chevalier, c'est donc une dame qui me veut voir?
L'homme garda le silence.
—-C'est donc quelqu'un qui me veut pourfendre dès l'aurore?
L'homme s'inclina sans répondre.