Maintenant, c'étaient les chevaux eux-mêmes qui faisaient sa besogne!...
Charles d'Angoulême, fou de stupéfaction devant ce prodigieux spectacle, entendit tout à coup une voix éclatante:
—En avant, par tous les diables!
Il vit Pardaillan près de lui... Pardaillan monté sur un cheval qu'il venait d'arrêter par la bride... Pardaillan ruisselant de sang et de sueur, terrible, flamboyant, qui s'élança vers le pont de Grève où il n'y avait plus personne, c'est-à-dire vers le fleuve, la foule ayant redouté d'être poussée à l'eau, et ayant fui partout par les rues. Charles suivit...
—Fuyez, dit Pardaillan. Gagnez votre hôtel et attendez-moi là...
—Et vous? haleta le jeune duc.
—On nous poursuit. Je vais tâcher de les entraîner, Si nous fuyons ensemble on saura où nous sommes!
Pardaillan, levant sa rapière, cingla la croupe du cheval de Charles, qui partit à fond de train. Quant à lui, il demeura sur place, immobile, regardant d'un oeil étrange la tunique blanche de Violetta qui s'envolait, et bientôt disparut au loin... Charles était sauvé!... Violetta était sauvée!
A ce moment, tout près de lui, un long hurlement venant de la place de Grève retentit.
Guise et Fausta étaient demeurés seuls, près de l'estrade.