Tous se retournèrent et virent Maurevert. Ils ne purent s'empêcher de frémir à voir la haine qui éclatait sur ce visage.
—Je connais l'homme, cria-t-il. Soyez sûrs que, s'il s'est gîté là, il doit avoir le moyen de se défendre. Donc, il ne faut rien livrer au hasard. La prise est trop importante. Il faut prévenir le duc!
—Je m'en charge, dit un gentilhomme en s'élançant.
Huguette et le chevalier n'avaient rien entendu de ces paroles qui se perdirent dans le tumulte. Mais Huguette entendait parfaitement les cris de mort.
—Est-ce donc à vous que s'adressent ces cris? demanda-t-elle en pâlissant.
—A qui voulez-vous que ce soit? fit Pardaillan.
—Hélas! reprit Huguette qui tremblait, que va-t-il vous arriver, chevalier!
Le mot était sublime. Car Huguette, malgré son angoisse, s'oubliait. Pardaillan la considéra un instant avec une admiration attendrie.
—Vous savez bien, ma chère hôtesse, qu'à la Devinière il ne m'est jamais rien arrivé de fâcheux.
Un étrange tumulte éclatait dans la rue, à ce moment. Et ce n'était pas le tumulte d'une attaque: des bruits sourds résonnaient, et ce n'était pas les bruits d'une porte qu'on essaie de défoncer. Ce tumulte, c'était celui d'une foule qui s'écarte précipitamment. Ces bruits, c'était, eût-on dit, ceux de meubles qui, tombant de très haut, se brisaient à grand fracas sur le perron et sur la chaussée. En même temps, de rauques vociférations descendaient du haut d'une fenêtre, comme une pluie d'imprécations. Dehors Maurevert s'écriait: