Alors, il alla étudier de près la porte de la pièce ou Stella avait été enfermée. La serrure était intacte; elle n'avait pas été brisée ni forcée. La conclusion sautait aux yeux: Stella n'avait pas ouvert; on lui avait ouvert du dehors!

Mais qui?... Qui pouvait avoir eu un intérêt a délivrer cette jeune fille?... Fausta!... Fausta et les cavaliers qui lut avaient servi d'escorte!...

Belgodère, alors, se rappela cet homme qu'il avait croisé dans l'escalier tout à l'heure. Quand il eut rassemblé dans son esprit toutes les circonstances, Belgodère quitta l'abbaye et se mit à descendre lentement les pentes de Montmartre. Sa rude figure à ce moment, paraissait calme. Seulement, ses lèvres étaient blanches, ses yeux étaient striés de fibrilles rouges. Voici ce qu'il songeait:

«Fausta savait que j'allais à l'abbaye reprendre mon enfant. Fausta a expédié un cavalier qui m'a dépassé et a enlevé mon enfant. Bien. Très bien. Que veut-elle? Je ne sais pas. Mais, si elle se doute de ce que je pense, elle fera mourir ma fille... C'est bon... Je m'attache à elle!»

Un geste menaçant compléta la pensée dû bohémien. Quand, dans la soirée, se jugeant assez calme pour maîtriser son émotion, il reparut devant Fausta. celle-ci fut la première à demander:

—Ma prisonnière?...

—Elle a disparu, dit froidement Belgodère.

—Nous la retrouverons, dit Fausta, sans émotion. Tu peux te retirer en paix, Belgodère, non toutefois sans m'avoir rendu le sauf-conduit que je t'ai confié.

—Ce papier! s'exclama le bohémien en se fouillant vivement. Par le diable, où est-il?... Je ne l'ai plus...

—Tu l'as perdu?...