—C'est mon avis, dit Charles.
L'ancien bourreau baissa la tête. Il demeurait là, abîmé dans une sombre méditation.
Le jeune homme le considérait avec une angoisse croissante. Des soupçons, d'autant plus poignants qu'ils étaient plus imprécis, l'envahissaient. Comment se faisait-il que ce Claude s'enfermât en une attitude équivoque? Qui était-il? Quelle tache son contact avait-il jetée sur Violetta? Au moment où il se posa ces questions, Charles vit une telle douleur sur le visage de Claude que ses soupçons s'évanouirent pour un instant, et, entraîné par une instinctive pitié, il s'écria:
—Nous ne pouvons nous quitter ainsi! Monsieur, au nom de celle que nous aimons tous deux, je vous somme de me dire qui vous êtes!...
—Ne vous l'ai-je pas dit? fit le bourreau d'une voix tremblante, je suis un bourgeois de Paris, et je m'appelle Claude... Voilà tout!
—Non! ce n'est pas tout!... Ce secret... ce secret qui est dans votre vie, je veux le savoir à présent...
—Ce secret! balbutia Claude. Écoutez, monseigneur. Je vous ai dit que Violetta elle-même vous le révélerait. Le prince Farnèse... le père de l'enfant que vous allez voir tout à l'heure vous donnera sur la naissance de celle que vous aimez les explications nécessaires... Monseigneur, jurez-moi de ne jamais parler de moi au prince Farnèse!...
—Eh bien, soit!
—Adieu donc. Dans une heure le prince Farnèse sera ici... Cependant... s'il survenait quelque chose... n'importe quoi où vous pensiez que je puisse être utile à l'enfant, il y a dans la Cité, vers le milieu de la rue de la Calandre, une maison autour de laquelle l'herbe pousse, une maison basse et isolée des autres dont la porte et les fenêtres sont toujours fermées. De nuit ou de jour, tant que vous serez encore à Paris si vous avez besoin d'aide, venez frapper à la porte de cette maison... Un dernier mot: quand partirez-vous?
—Demain à la pointe du jour.