—Par quelle porte?
—Je passerai rue Saint-Denis, chercher a l'auberge de la Devinière un ami qui m'est très cher... car je présume qu'il a dû se réfugier là... puis, avec le prince Farnèse et Violetta, j'irai chercher la route d'Orléans.
—Bien! Vous sortirez donc par la porte de Notre-Dame-des-Champs...
A ces mots, Claude fit brusquement quelques pas comme s'il voulait entrer dans la pièce où se trouvait Violetta. Mais il s'arrêta court, secoua la tête et revint sur Charles qu'il contempla longuement.
—Monseigneur, dit-il alors d'une voix basse et rauque, cette enfant vous adore; je le sais; c'est l'âme la plus pure, le coeur le plus généreux... elle a beaucoup souffert...
—Souffrances, misères, tout cela est fini pour elle! dit Charles en joignant fiévreusement les mains.
Une expression d'ineffable joie se répandit sur le visage du bourreau. Il salua le duc d'Angoulême avec une sorte d'humilité. Quelques instants plus tard, il était dehors.
Au moment où le bourreau avait quitté la maison de la rue des Barrés, un homme sortant d'une encoignure s'était mis à le suivre à distance. Cet homme, c'était l'un de ceux à qui la Fausta avait jeté un ordre près de l'estrade.
L'homme, qui le suivait de loin, le vit descendre la berge, arriver jusqu'au bord de l'eau et demeurer longtemps debout, immobile, à regarder couler cette eau.
«Voici le fait, ruminait le malheureux en se débattant contre son désespoir, je suis le bourreau! Que Violetta m'ait absous de mon passé, cela ne me surprend pas... Oui, mais Violetta est un ange, et je suis le bourreau! Je n'y puis rien. Elle aime ce jeune homme. Il l'aime, lui aussi!... C'est un noble coeur. Elle sera duchesse d'Angoulême», fit-il tout à coup en riant.