Claude était arrivé à la porte de cette vaste salle où il avait attendu avec Farnèse. Il entra. A l'instant où, pensif, il franchissait cette porte, il se sentit brusquement saisi par les bras, et sa tête fut enveloppée d'un sac.
Il ne poussa pas un cri, ne dit pas un mot; mais, d'un terrible roulis des épaules, il se débarrassa de l'étreinte; en même temps, il étendait au hasard ses deux mains; les deux mains, pinces effrayantes, saisirent deux gorges; un double râle bref et deux masses tombèrent.
Tout à coup, Claude trébucha, s'affaissa... On venait de lui passer un noeud coulant autour des jambes, et une forte secousse sur la corde lui avait fait perdre l'équilibre.
Claude étendu, les jambes liées, aveugle, essaya une résistance suprême. Bientôt, il se trouva dans l'impossibilité de faire un geste.
Il demeura immobile, et sa pensée se reporta vers Violetta... Puis, tout tourbillonna dans sa tête; il s'aperçut qu'il allait s'évanouir... mourir peut-être.
XXXVIII
LE TRIBUNAL SECRET
Lorsqu'il revint à lui, il se sentit ranimé par une impression de fraîcheur, en même temps qu'il éprouvait des secousses de cahots. Où le conduisait-on?...
Par qui, pour qui avait-il été saisi? Le sac jeté sur sa tête le mit sur la voie; c'était là une manoeuvre familière aux gens de Fausta. Il frémit. Non pour lui-même... Que pouvait Fausta?... Le tuer? Il était décidé à se tuer lui-même!... Mais Violetta?... Est-ce que l'infernale Fausta n'avait pas retrouvé sa trace, à elle aussi?...
Tout à coup le véhicule qui le transportait s'arrêta. Claude fut saisi par une douzaine d'hommes qu'il ne voyait pas. Il entendit résonner un marteau de bronze sur une porte, et il frissonna. Il comprit dans quel antre on l'entraînait: il était bien le prisonnier de celle qu'il avait appelée sa Souveraine!...