—Fausta! murmura Maurevert en frissonnant.
Et, dans son esprit éperdu, s'évoqua la mystérieuse légende de puissance infinie qui escortait ce nom comme l'éclair escorte la foudre. Ce nom chuchoté avec terreur dans l'entourage du duc, ce nom qui faisait pâlir Guise lui-même, frappa Maurevert d'une sorte d'effroi superstitieux.
Il jeta un rapide regard sur cette femme. Ses genoux se plièrent. Il se prosterna. Fausta dédaigna ce triomphe.
—Maurevert, dit-elle d'une voix calmée, je connais ta haine contre Pardaillan. Et, maintenant que tu sais qui je suis, je te demande: Veux-tu me donner la vie et la liberté de cet homme?...
Un vertige s'empara de Maurevert. L'idée lui vint de se ruer sur Fausta, de la frapper à mort... mais, derrière ces portes, il devina les gardes qui veillaient, prêts à accourir au premier cri. Il poussa un rauque soupir et, convenant aussitôt avec lui-même de remettre sa vengeance à plus tard, il murmura:
—Que votre volonté soit faite!... Ma haine était toute ma vie: je remets ma vie entre vos mains...
Fausta, alors, invita Maurevert à s'asseoir en lui désignant un siège.
«Voilà un homme qui est sur le point de me haïr, songea Fausta; et il faut que, dans un instant, il soit prêt à m'adorer. Monsieur de Maurevert, reprit-elle tout haut, en me faisant le sacrifice volontaire de votre haine, vous avez acquis des droits à ma reconnaissance. Je veux vous offrir une récompense digne de vous. Tout d'abord, sachez que votre haine aura toute satisfaction.
—Que voulez-vous dire? s'écria ardemment Maurevert.
—Que Pardaillan mourra! Que non seulement je ne demanderai pas sa grâce au duc, mais encore que je vous le livrerai, à vous, dès qu'il sera pris!