Et, secouant la tête comme pour se débarrasser dune pensée qui la gênait à ce moment, car elle avait une admirable méthode de travail dans ses conceptions:

«Mais qui se trouve, alors, dans l'hôtel de la rue des Barrés?... Où est Violetta?...»

Ayant ainsi parlé, son visage un instant bouleversé par la passion reprit toute sa sincérité. Elle appela ses femmes qui lui apportèrent un costume de gentilhomme qu'elle revêtit, mit un masque de velours noir sur son visage, et bientôt, montant à cheval elle prit le chemin de la rue des Barrés, escortée d'un seul domestique.

Ce domestique, c'était l'espion qui avait suivi maître Claude. Lorsqu'ils furent arrivés rue des Barrés, l'espion prit les devants et s'arrêta devant l'hôtel d'où il avait vu sortir Claude. Fausta mit pied à terre et souleva elle-même le marteau. Au bout de quelques instants, le guichet de la porte s'ouvrit. Une figure d'homme parut derrière le guichet.

—Que voulez-vous? demanda l'homme qui jeta dans la rue un regard rapide et soupçonneux.

Fausta répondit:

—Je viens de la part de M. le chevalier de Pardaillan, de maître Claude et de Mgr Farnèse.

A peine Fausta eut-elle parlé que la porte s'ouvrit précipitamment et l'homme dit:

—Entrez, monseigneur vous attend...

—Monseigneur! songea Fausta en tressaillant.