Violetta jeta autour d'elle des yeux hagards. Et ce fut à ce moment que Maurevert saisit sa main et prononça:

—Merci, ma bien-aimée; merci, ma belle fiancée, d'être venue à l'heure. Tout est prêt pour notre mariage, et voici le prêtre qui va nous unir...

—Nous unir! balbutia Violetta. Vous!... Qui êtes-vous?...

—Violetta! dit Maurevert d'une voix ardente, quelle étrange folie vous saisit! Regardez-moi! Ne me reconnaissez-vous pas? Je suis votre fiancé!

—Horreur! Oh! mais je deviens folle! Charles! Mon bien-aimé! A moi!...

Son bras se leva pour se frapper avec cette dague qu'elle avait prise aux mains de son fiancé; mais alors elle s'aperçut que l'arme lui avait été arrachée, elle tomba sur ses deux genoux; Maurevert s'agenouilla près d'elle...

Alors Je prêtre se tourna vers eux, prononçant les paroles sacramentelles, ouvrant les bras pour une bénédiction... Et ce prêtre, Violetta, en levant la tête dans un mouvement de spasme, ce prêtre, elle le vit... Et c'était un tout jeune prêtre aux yeux noirs et, ce visage, il lui sembla qu'elle l'avait entrevu une fois...

Le prêtre murmurait les formules... Et soudain, dans une fulgurante éclaircie, elle revit la terrible scène où elle avait retrouvé maître Claude, le soir où Belgodère l'avait entraînée dans une mystérieuse maison de la Cité, où on lui avait jeté un sac noir sur la tête, où elle s'était évanouie, où, en se réveillant elle avait vu penché sur elle le visage de celui qu'elle appelait son père! Et Claude l'avait prise dans ses bras pour l'emporter!... Et les hommes armés d'arquebuses étaient entrés!... Et, avec eux, une femme! Une femme sur qui ses yeux mourants ne s'étaient fixés qu'un instant!

Ce prêtre, c'était elle!... C'était Fausta qui célébrait le mariage de Maurevert et de Violetta!...

Une inexprimable horreur se glissa dans les veines de la jeune fille. Dans ce moment, elle perdit connaissance... Dans ce moment aussi le prêtre, étendant les bras, disait d'une voix grave: