—Allez. Au nom du Dieu vivant, pour jamais vous êtes unis!...

XLII

HÉROÏSME DE PARDAILLAN

On a vu que le chevalier de Pardaillan, attiré par le bruit exorbitant qui se faisait dans sa chambre, y était entré à temps pour assister au combat de Croasse avec une horloge.

Pardaillan demeura d'abord stupéfait, puis s'approcha de la fenêtre et examina ce qui se passait; il se passait simplement que deux troupes d'archers venaient de prendre position dans la rue et que le peuple les acclamait, et en profitait pour acclamer surtout le duc de Guise, bien que celui-ci fût absent.

Il sortit de la chambre, suivi de près par Croasse. Apparut l'hôtesse portant un bol et des bandages de linge. Huguette déposa le tout sur une table. Le bol contenait une savante mixture composée par Huguette à l'effet de cicatriser les blessures du chevalier.

—Pour qui tout cela? fit Pardaillan.

—Pour vous, monsieur le chevalier, répondit Huguette, toute pâle et tremblante des rumeurs qu'elle entendait devant la porte de sa maison.

—Tiens, c'est vrai, je suis quelque peu décousu, dit Pardaillan, qui s'aperçut alors que le sang coulait sur ses mains. Mais, ma chère Huguette, si excellente chirurgienne que vous soyez, je crois que vos soins sont inutiles. Dans quelques minutes, tout serait à recommencer.

—Mon Dieu, monsieur, vous parlez comme si vous alliez être attaqué...