—Votre nom! votre nom! dirent les trois prisonniers avec une prodigieuse émotion.

—Puisque vous m'avez fait l'honneur de me dire le vôtre, messieurs, on m'appelle le chevalier de Pardaillan...

En un tour de main, les trois jeunes gens furent habillés. A chacun d'eux, Pardaillan remit une arquebuse. Alors, celui qui s'appelait marquis de Sainte-Maline salua Pardaillan avec autant de cérémonie et de gracieuse aisance que s'il se fût trouvé à une présentation dans un salon du Louvre.

—Monsieur de Pardaillan, dit-il, nous vous sommes redevables de trois libertés et de trois vies. Quand il vous plaira, où il vous plaira, venez nous demander trois vies et trois libertés!

Pardaillan s'inclina comme pour, prendre acte de cette promesse.

—En route, messieurs, fit-il d'un ton bref. Et toi, marche!

Comtois leva les bras au ciel et obéit.

Le geôlier avait monté un étage et ouvert une porte. Pardaillan et Charles entrèrent, tandis que le reste de la troupe attendait dans l'escalier. A la lueur de son falot, Pardaillan vit un vieillard décemment vêtu, le visage empreint d'une noble intelligence; il travaillait à la lueur d'une petite lampe à des dessins et des plans qu'il traçait sur des cartons. A la vue de ces nocturnes visiteurs, cet homme se leva, salua et dit:

—Soyez les bienvenus dans la demeure qu'il a plu a à la grande Catherine d'offrir à Bernard de Palissy...

—Monsieur de Palissy, murmura Pardaillan.