Guise avait lu la lettre de la princesse Fausta, que le cardinal Farnèse lui remettait. Elle contenait ces lignes:
«Le comte de Loignes n'est pas de ceux qui sont sortis de Paris à la suite d'Hérode. La duchesse de Guise, que vous croyez sur la route de Lorraine et que vous avez conduite vous-même, il y a deux jours jusqu'à Lagny, vient de rentrer dans Paris. Quelqu'un vous attend en votre hôtel pour vous expliquer ce double évènement.»
IV
LE BOURREAU
Le soir de ce jour, sous la sérénité pâle du crépuscule Paris gardait encore de profonds tressaillements, il ne faisait plus jour, pas encore nuit; peu à peu les bruits s'éteignaient, et, du ciel, mêlées aux dernières clartés, tombaient les premières ombres qui allaient envelopper la silhouette capricieuse et tourmentée du vieux Paris.
Ce fut à cette heure indécise que quatre hommes portant une civière s'approchèrent de la voiture de Belgodère demeurée sur la place de Grève. Sur la civière, il y avait un cercueil vide.
Dans la roulotte une torche de résine était allumée; ses lueurs fuligineuses jetaient de vagues reflets rouges sur le corps de la Simonne, étendue toute raide sur sa couchette: Violetta agenouillée, affaissée, les yeux fixés sur la figure aimée de celle qu'elle appelait sa mère, ne pleurait pas, n'ayant plus de larmes... Près d'elle, debout, les bras croisés, la lèvre crispée par la haine satisfaite, Belgodère guettait.
Les quatre hommes entrèrent et déposèrent le cercueil au long de la morte.
—Voilà! fit l'un; nous venons enlever cette hérétique de Bohême...
—Bien entendu, ajouta un autre, il n y a pas de prêtre; la défunte s'en est passée pendant sa vie: elle s'en passera pour sa dernière promenade.