—Monsieur, nous sommes trente et vous êtes une douzaine. Criez à vos gens de se rendre, ou je vous tue...

L'officier sentit la pointe de sa propre épée s'enfoncer, dans sa gorge. Cela le décida.

—Bas les armes! vociféra-t-il d'une voix enragée de terreur.

Les gardes jetèrent leurs hallebardes. Affolés, les survivants, blessés ou non, obéirent, pendant que les prisonniers, sautant sur les hallebardes, les poussaient vivement. Et, alors, on vit ce spectacle exorbitant: un à un, depuis l'officier jusqu'au dernier garde, les gens de la ronde entraient dans la cour!... Quand ils furent tous dedans, Pardaillan referma tranquillement la porte et dit:

—Maintenant, nous avons tous des armes!...

Et, faisant signe à sa troupe de le suivre, il s'élança sous une large voûte au-delà de laquelle il se trouva dans une autre cour. Là, le silence était complet. On ne voyait personne, ni rien, sinon les murailles des bâtiments intérieurs.

Pardaillan chercha une issue en contournant les murailles et, face à la voûte qu'il venait de franchir, il vit s'ouvrir devant lui une sorte de tuyau, long corridor humide et noir. Il s'y engagea, suivi de son étrange troupe, et arriva à un tournant:

—Qui va là? cria une voix tout à coup.

Et, en même temps, la même voix se mit à hurler:

—Sentinelles, veillez! Sentinelles, aux armes!