—J'ai ordonné à mes gens de nous préparer un de ces bons dîners comme vous les aimez; dans une demi-heure, nous pourrons nous mettre à table et nous causerons.

—Hum! Nous causerons tout aussi bien dehors, et, quant à dîner, nous nous contenterons de la cuisine du premier cabaret. Partons donc, puisque vous voilà équipé... et muni d'or, j'espère?

Pour toute réponse, Charles étala sur la table deux cents doubles ducats d'or dont il prit la moitié, tandis que Pardaillan mettait l'autre moitié dans les poches de sa ceinture de cuir.

En sortant de l'hôtel, le chevalier entra dans une friperie de la Mortellerie et y fit emplette d'un costume. Il compléta son équipement par une bonne cuirasse de cuir de boeuf et par un manteau. Alors, ils se mirent en quête d'une taverne assez solitaire pour qu'ils y fussent en sûreté.

—Maintenant que nous voilà à peu près tranquilles, dit Charles en marchant, je voudrais avant tout que vous me parliez de Violetta vivante.

—Oui, dit vivement le chevalier, par tout ce que j'ai entendu, sûrement, Violetta est vivante...

—Et qu'est-elle devenue? s'écria le jeune duc.

—Ce qu'elle est devenue? dit Pardaillan, nous allons chercher à le savoir quand vous m'aurez expliqué ce qui vous est arrivé. Mais, un mot d'abord: connaissez-vous le sire de Maurevert?

—Je l'ai vu à Orléans quand le duc de Guise y passa.

—Bon. Eh bien, si jamais vous revoyez cet homme, en quelque lieu que ce soit, tâchez de vous emparer de lui...