—Un bon coup de dague ou d'épée...
—Non, non! fit Pardaillan avec un singulier sourire: ne le frappez pas... et puis, tenez, je crois que Maurevert est à l'abri de tout péril... parce qu'il faut... parce qu'il est juste que je puisse lui dire deux mots avant qu'il ne meure. Mais enfin, si vous le voyez, saisissez-le tout vif et me l'amenez; si nous n'avons pas d'ici là retrouvé celle après qui vous courez, Maurevert nous donnera de précieuses indications: il faut que nous retrouvions Maurevert!
—Mais enfin, reprît Charles, expliquez-moi d'abord comment, m'ayant fait donner rendez-vous à Saint-Paul vous deviez m'attendre avec Farnèse, le père de Violetta... et Claude, ce mystérieux inconnu qu'elle semble chérir.
—Donc, je devais vous attendre à Saint-Paul avec Farnèse et Claude? Et je vous y ait fait donner rendez-vous?
—Par la dame d'Aubigné, qui m'est venue voir de votre part...
Charles raconta la visite qu'il avait reçue et ce qui s'en était suivi jusqu'à la scène nocturne dans Saint-Paul.
—Très bien, fit Pardaillan, qui avait écouté attentivement. Maintenant, monseigneur, je vais vous apprendre deux choses: la première, c'est que je n ai pu vous donner aucun rendez-vous avec Farnèse et maître Claude, puisque je n'ai jamais vu ce Claude, puisque je n'ai pas revu celui qui s'appelle prince Farnèse, depuis l'abbaye de Montmartre, puisque, enfin, deux heures après vous avoir quitté, j'étais arrêté à l'auberge de la Devinière!
—Oh! s'écria Charles frémissant, j'ai été joué!
—La deuxième, continua Pardaillan, c'est que la dame masquée et déguisée en gentilhomme ne s'appelait nullement du nom honorable d'Aubigné...
—Et comment s'appelle-t-elle! fit Charles frissonnant.