—Elle s'appelle Fausta! répondit tranquillement Pardaillan. Ce nom ne vous dit rien. Patience! Vous ne tarderez pas à connaître la femme qui s'appelle ainsi... Prenez garde à cette femme, monseigneur!
L'enlèvement de Violetta par Belgodère, Violetta traînée au supplice comme hérétique, sous le nom d'une fille de Fourcaud, tout cela est l'oeuvre de Fausta... Pour la tenir en échec, il suffit de mettre la main sur le sire de Maurevert...
—Oh! Pardaillan, ma tête se perd à sonder ces abîmes. Que vient faire Maurevert en tout ceci?...
—Maurevert pris, peut-être aurons-nous arraché à la main de Fausta une de ses armes les plus redoutables, répondit Pardaillan.
—Pourquoi ne pas vous attaquer directement à elle?
Pardaillan saisit le bras de Charles.
—Laissez-moi faire! dit-il... Violetta est vivante, voilà tout ce qu'il importe de savoir. Quant à Fausta, vous êtes maintenant un de ceux sur qui son regard mortel s'est appesanti, elle vous frappera comme elle a essayé de me frapper, comme elle a frappé ce Farnèse et ce Claude...
—Mais, elle est donc armée d'une véritable puissance?
—Elle est plus reine en France que Henri III n'y a jamais été roi; elle est plus reine à Paris que Guise n'y est roi! Elle a bouleversé le royaume. Elle bouleversera Paris pour vous atteindre... Elle a son armée à elle! Elle a sa justice à elle!
—Impossible! Oh! tout cela n'est qu'un rêve affreux!...