Fausta était entrée dans une pièce voisine de celle où elle avait reçu Jacques Clément. Là, elle avait retrouvé une femme qui l'attendait sans doute avec impatience, car, à la vue de Fausta, elle s'avança vivement à sa rencontre. Et, si le moine eût été là, il eût reconnu aussitôt le costume de laine blanche et les longs cheveux d'or de l'ange qui venait de lui apparaître. Seulement, les traits de cet ange, de graves et mélancoliques, étaient devenus rieurs et le visage sceptique de la duchesse de Montpensier eût, peut-être, alors porté un coup mortel aux croyances du moine.
Quoi qu'il en soit, l'ange, s'étant avancé au-devant de Fausta, celle-ci lui prit les deux mains, la baisa au front et lui dit:
—Vous êtes vraiment l'ange de grâce et de beauté souriante dans la terrible bataille où tout est si noir et si triste autour de nous...
—Ainsi, s'écria Marie de Montpensier, il croit vraiment que je suis ange?
Elle éclata de rire, puis, tout aussitôt, ajouta:
—Pauvre jeune homme!
La Fausta considéra la duchesse avec une gravité qui avait quelque chose de glacial. Et elle dit:
—Bien que votre esprit sacrilège ne puisse concevoir des vérités qui vous échappent, apprenez que vous êtes l'ange désigné, beaucoup plus qu'il ne vous semble à vous-même...
—Mais..., balbutia la duchesse interdite et presque frappée de terreur.
—Mais, continua Fausta, il est temps que ce rôle vous soit ôté. Faible comme vous êtes, vous ne pourriez le supporter plus longtemps. A Chartres, ce n'est plus sous forme d'ange que vous paraîtrez au moine Jacques Clément, c'est bien Marie de Montpensier qui achèvera de le conduire...