Fausta fit un geste hautain qui signifiait:
—Attendez! ce n'est pas fini entre nous!...
L'homme qui venait de faire le rapport s'était retiré. Un mortel silence s'établit. Pardaillan considérait avec une indéfinissable horreur cette femme, qui pourtant venait de lui donner si complète satisfaction. Près d'une demi-heure se passa ainsi. Puis l'homme reparut en disant:
—Les condamnés ont été ranimés selon l'ordre donné. Il ne reste plus qu'à les conduire jusqu'à la rue.
—Monsieur le chevalier de Pardaillan, dit Fausta, accompagnez vos amis jusqu'au grand vestibule: je vous attends ici... car, si je vous prouve que j'ai accepté le marché proposé, vous devez me prouver à votre tour que mon homme à moi est libre comme sont libres vos deux hommes à vous...
Elle fit un signe, et l'homme au rapport s'inclina et sortit, suivi de Pardaillan. Rapidement, le chevalier, à la suite de son conducteur, franchit deux ou trois vastes salles magnifiquement décorées, longea un couloir et parvint à une porte ouverte.
«C'est là», dit le conducteur.
Le chevalier entra et, assis sur des fauteuils, il vit le prince Farnèse et maître Claude. Un personnage vêtu de noir, quelque médecin sans doute, était penché sur eux et achevait de les rappeler à la vie...
Quelques minutes se passèrent. Pardaillan attendait, la gorge serrée par l'angoisse, regardant avec une maladive curiosité ces deux visages d'hommes sur lesquels la souffrance avait laissé des traces terribles.
Puis le personnage noir se releva avec un rire silencieux de satisfaction et se tourna vers Pardaillan: