En même temps, Pardaillan prit une main de Farnèse, une main de Claude et les entraîna:

—Venez, dit-il, n'avez-vous pas entendu que la glorieuse Fausta vous fait grâce?...

Les deux hommes marchèrent. Que leur arrivait-il? Qu'était-il arrivé? Où allaient-ils? Qui était cet homme? Ils ne savaient plus rien. Dans leur tête, il n'y avait que du vide...

Quelques instants plus tard, ils atteignaient le grand vestibule, traînés par le chevalier, qui lui-même était guidé par l'homme de Fausta. Toutes ces salles, ces couloirs qui se succédaient semblaient déserts. Mais, dans le vestibule, il y avait une vingtaine de gardes. La porte, la grande porte de fer s'entrouvrit. Dans le même instant, Farnèse et Claude se trouvèrent dehors.

Si peu de temps que la porte de fer eût été entrouverte, le chevalier en eût peut-être profité pour faire ce qu'il appelait une trouée à travers les gardes massés et se précipiter dehors. Il fut retenu par cette réflexion que, dans l'état où se trouvaient les deux condamnés graciés, il n'y avait pas de défense à espérer de leur part. Ils seraient poursuivis, rattrapés, et tout ce que venait de tenter Pardaillan serait inutile.

Il laissa donc la porte se refermer, et, suivant le même homme qui l'avait guidé, il se retrouva quelques instants plus tard en présence de Fausta. Il s'inclina devant elle, non sans émotion, et lui dit:

«Madame, c'est fait: ces deux malheureux sont libres.»

Et, comme Fausta ne répondait pas, abîmée qu'elle était dans quelque lointaine rêverie:

—Si peu que je sois, continua-t-il, si puissante et glorieuse que vous soyez, qui sait si la gratitude du pauvre chevalier ne vous sera pas un jour de quelque utilité?...

Fausta tourna légèrement la tête de son côté et dit: