—Où est le moine Jacques Clément?...

—Il est libre, madame, répondit Pardaillan sans hésitation. Aussi libre que le cardinal et le bourreau qui sortent de ce logis. Madame, continua-t-il, et une flamme d'intrépidité et d'audace empourpra son visage, libre à vous de me considérer comme un otage. Mais il ne sera pas dit que je vous aurai trompée après l'acte de générosité que vous avez accordé à mon humble prière. En vous l'avouant, je me retire sans doute tout espoir de salut, mais sachez-le: Jacques Clément n'a jamais été en mon pouvoir, et il n'est pas davantage en ce moment au pouvoir du duc d'Angoulême...

—En sorte, dit Fausta, que je puis donner l'ordre de vous mettre à mort sans que les projets du moine sur Henri III en soient interrompus?...

—Vous le pouvez, madame!

Et Fausta, de cette voix sans expression qui faisait frissonner les plus braves, reprit:

—Je vais donc donner cet ordre. Apprêtez-vous à mourir, chevalier!...

Pardaillan, d'un geste lent, tira sa rapière, regarda Fausta en face, et dit:

—Je suis prêt, madame!...

Fausta se leva et s'approcha de Pardaillan.

Celui-ci la reconnut à peine...