La pièce était vaste, luxueuse, emplie de parfums capiteux.
Au milieu, une table somptueuse se dressait, chargée de vaisselle d'or, supportant des fruits rares, des friandises précieuses; des vins aux tons de rubis chatoyaient dans des flacons aux formes étranges, et, ces vins, c'étaient des servantes aux costumes impudiques qui, impassibles et souriantes, les versaient dans les coupes d'or des convives.
Il y avait là quatre couples enlacés, les femmes sur les genoux des hommes. C'est À peine s'ils firent attention à Guise qui entrait: un geste de bienvenue de l'un des hommes, une invitation à prendre place, et ce fut tout... Seulement, une femme, qui était seule, s'avança vivement vers lui, l'enlaça de ses deux bras nus et murmura:
—Enfin, vous voici, cher seigneur... vous venez bien tard...
Guise se sentit devenir insensé... une irrésistible fureur fit craquer ses muscles... D'un geste fou, il voulut repousser la femme... mais, plus étroitement, elle l'enlaça, une de ses mains arrêta sur sa bouche le cri de fureur... et, de l'autre, elle lui indiquait un objet qu'il n'avait pas vu encore.
C'était une grande horloge qui scandait l'orgie d'un tic-tac ironique. Guise vit alors qu'elle allait marquer dix heures!
—Dix heures! murmura la femme. L'heure où les masques vont tomber... Attendez, cher seigneur... Regardez!...
Le duc se laissa tomber sur un fauteuil et, sous son masque, il sentit la sueur couler. Les quatre couples demeuraient enlacés et murmuraient des choses confuses... Tout à coup, l'horloge sonna... Les dix coups tombèrent, grêles et sinistres.
—Tant pis! cria soudain une voix de femme. Nous avons gagé de nous montrer!... Moi, je commence...
Et, brusquement, elle laissa tomber son masque et arracha celui de l'homme au cou duquel elle était suspendue.