—Il la touchera, fit-elle en souriant.

—Permettez-moi, madame, d'avoir meilleure opinion que vous d'un homme qui sera, demain peut-être, roi de France. M. de Guise ne peut toucher la main qui l'a touché au visage...

—Vous avez fait cela! murmura-t-elle, vous avez souffleté le duc de Guise!....

—Dans une circonstance qu'il vous racontera lui-même si vous le lui demandez. Il vous dira que lui, chevalier de Lorraine, haut seigneur, le premier du royaume après les princes du sang et peut-être même avant, n'a pas hésité à faire assassiner dans son lit un vieillard. Il vous dira qu'il poussa la magnanimité jusqu'à faire jeter par la fenêtre le cadavre de l'amiral Coligny! Rude victoire, madame! Et ce ne fut pas la payer trop cher, du soufflet qui jaillit alors, si j'ose dire, de la main que voici!...

—Le duc défendait la cause de l'Eglise! dit sourdement Fausta.

—De quelle Eglise? madame... Il y en a au moins deux..., dit Pardaillan sans aucune intention qu'une innocente raillerie.

—Comment savez-vous qu'il y a deux Eglises, vous? gronda-t-elle, pâlissante.

—Deux Eglises! murmura Pardaillan étourdi. Que veut dire cela...?

—Est-ce que cet homme serait un espion! songeait Fausta.

—Oh! oh! se disait le chevalier, est-ce que cette femme serait le chef occulte de la Sainte Ligue... Est-ce que Guise ne serait qu'un instrument?... Est-ce que la Ligue serait une nouvelle Eglise?...