—Je viendrai! fit résolument Maurevert blême de joie, comme, tout à l'heure il avait été blême de terreur!
—C'est bien, dit Pardaillan. Allez: vous êtes libre.
Pour la troisième fois s'éleva le rire de la femme aux cheveux d'or,,. Maurevert souleva son chapeau, salua du même geste Pardaillan et Charles immobiles et il s'éloigna... Tant qu'il sentit peser sur lui les regards des deux hommes, il put, par un effort de volonté, marcher d'un pas calme et mesuré. Mais, dès qu'il pensa qu'on ne pouvait plus le voir, il se mit à bondir d'une course insensée.
—Il viendra! disait pendant ce temps le duc d'Angoulême.
—Je le crois! fit Pardaillan avec un soupir.
Et Charles était si heureux qu'il lui eût été impossible de comprendre tout ce qu'il y avait d'amertume dans le soupir de cet homme qui venait de renoncer à une haine vieille de seize ans pour assurer le bonheur de son jeune ami...
—Mais pourquoi, reprit le duc, avez-vous dit que nous étions installés à la Ville-l'Évêque, et que nous n'entrerions plus dans Paris?...
—Précaution suprême... Maurevert viendra... Maurevert ne trahira pas ceux qui viennent de lui donner vie sauve... je le crois!... Mais, enfin, est-ce qu'on sait?...
Ils demeurèrent quelques minutes pensifs. Charles se demandait si Maurevert viendrait au rendez-vous. Pardaillan n'avait aucun doute à cet égard. Là sincérité de Maurevert lui semblait évidente. En tout cas, si Maurevert trahissait encore une fois, lui, Pardaillan, saurait le retrouver...
En songeant ainsi, il s'était rapproché de la tombe et, chapeau bas, la tête penchée, se disait à lui-même des choses par quoi il espérait atténuer la douleur de son sacrifice. Et, comme il relevait les yeux, il vit la femme aux cheveux d'or qui le regardait fixement.