—Je ne m'attendais pas à voir ce soir le sire de Maurevert, dit-elle. Vous deviez attendre mes ordres à Orléans.

—C'est vrai, madame...

—Un cheval et une voiture vous attendaient sur les pentes de Montmartre: la voiture pour elle, le cheval pour vous.

—J'ai vu le cheval et la voiture, madame; ils

étaient bien au rendez-vous que vous m'avez indiqué.

—Je vous avais fait donner une mission par M. de Guise, afin que vous soyez libre de toute entrave, et puissiez gagner huit jours.

—C'est vrai, madame. Et le duc me croit sur la route de Blois où j'ai ordre de noter l'installation du roi et les forces dont il peut disposer à l'occasion.

—Donc, tout était parfaitement combiné pour légitimer votre absence et préparer votre départ. Je fais disposer pour vous vos relais pour une marche rapide, Tout est prêt. Vous n'avez qu'à partir... Et vous voici! Monsieur de Maurevert, vous jouez un jeu dangereux.

—C'est vrai, madame. La partie que je joue en ce moment est dangereuse. Ma vie n'a tenu qu'à un fil aujourd'hui, et peut-être demain serai-je mort. Sur les pentes de Montmartre, au moment où je me dirigeais vers l'abbaye, je me suis heurté à un obstacle: Pardaillan.

-Fausta rougit légèrement, ce qui chez elle indiquait une violente émotion. Elle demeura quelques instants silencieuse, sans doute pour que sa voix ne trahît pas son trouble.