—Vraiment? Vous me jurez cela?... Et c'est tout? Vous dites que jamais vous ne consentiriez à me laisser vivre près de mon enfant?
—Jamais!
Il y eut une longue minute de silence. Et le cardinal put croire qu'il avait dompté le bourreau. Mais maître Claude, les sourcils contractés, semblait faire un effort de mémoire... Enfin il alla à la porte et poussa les verrous.
Farnèse eut un livide sourire et s'apprêta à combattre par le poignard. Mais, au lieu de marcher sur lui, Claude s'adossa à la porte, les bras croisés et, d'une voix changée, très calme, mais rude, où il y avait une menace contenue, il prononça:
—Monseigneur, écoutez. Vous avez le papier, que je vous ai signé de mon sang! Voici maintenant, monseigneur, le papier que vous m'avez signé, vous!... Nous avons droit de vie et de mort l'un sur l'autre! Me suis-je bien conformé à ce que j'avais signé de mon sang?...
—Oui! répondit Farnèse sourdement.
—Puisque notre pacte prend fin aujourd'hui par votre réconciliation avec la femme nommée Fausta, suis-je bien dans mon droit en vous rappelant que vous m'appartenez, quels que soient le jour et l'heure?...
—Oui! répondit Farnèse d'une voix d'épouvante.
Claude s'avança de quelques pas, s'arrêta devant Farnèse, sans le toucher, et prononça:
—Monseigneur, ce jour et cette heure sont venus. Vous m'appartenez, et je vais user de mon droit!...