—Oui... oui...! murmura la bohémienne dans un souffle.

—Souviens-toi comme il te prenait dans ses bras et comme tu te sentais défaillir sous ses baisers. Jean de Kervilliers t'adorait... et, si une fatalité vous a séparés, il en a souffert autant que toi. Lui-même me l'a dit. Il n'a cessé de t'aimer!... Il te cherche... ne veux-tu pas le voir?...

Saïzuma, arrachant ses deux mains à l'étreinte de Fausta, les avait placées devant ses yeux comme si une lumière trop vive les eût éblouis. Elle palpitait. De rapides frissons la secouaient. De confuses images de son passé lui revenaient par lambeaux.

Ce nom, Jean de Kervilliers, était un flambeau qui éclairait bien les recoins ténébreux de son esprit.

Fausta la considérait avec l'attention passionnée qu'elle apportait à tout ce qu'elle entreprenait.

—Suis-moi, dit-elle, je te jure qu'un jour, bientôt, tu reverras celui que tu aimes.

Palpitante, Saïzuma suivit cette femme qui exerçait sur elle un prodigieux ascendant. Elle ne savait pas exactement qui était ce Jean de Kervilliers. Mais elle savait que ce nom provoquait en elle une douleur mêlée de joie.

Fausta entra dans le pavillon. Saïzuma l'y suivit en tremblant.

—Oh! dit-elle, c'est ici que j'ai revu l'évêque!... Si vous avez pitié de moi, faites que jamais plus je ne le revoie.

—Et Jean de Kervilliers?...