—C'est atroce!
—Oui... vous avez raison... c'est atroce... car le pauvre Fourcaud fut supplicié... on l'attacha sur une croix... et on l'y laissa mourir...
—Et vous dites que vous la connaissez?
—Certes!... C'est elle-même une hérétique, une de ces filles sans feu ni lieu... une sorte de chanteuse qui suivait une troupe de bohèmes... son nom est Violetta...
—Violetta!... Et c'est elle qui l'a fait mourir sur une croix?...
—C'est elle!... Mais il semble que ce nom de Violetta ne vous soit pas inconnu?...
—Je la connais, en effet, dit Saïzuma d'une voix sombre. J'ai vécu avec elle. Car, moi-même, je suivais cette troupe de bohèmes. Elle chantait. Sa voix m'allait au coeur. Quelquefois, quand je la regardais, j'avais, envie de la serrer dans mes bras... mais elle semblait avoir peur de moi...
—Ou plutôt, c'était une créature perverse, dit sourdement Fausta. Une de ces filles qui n'ont pitié de rien ni de personne, puisqu'elle n'avait pas pitié de votre malheur...
—C'est vrai, dit Saïzuma avec un soupir, il fallait que ce fût une créature bien perverse pour dénoncer le bienfaiteur de ma fille... Tenez, madame, ne parlons plus d'elle!...
—Elle mérite pourtant un châtiment!...