—Son nom? fit-elle. Que je sache au moins son nom.

—Il s'appelait Fourcaud... c'était un procureur...

—Fourcaud!... Ce nom est maintenant gravé dans mon coeur pour toujours... Mais comment un homme si bon a-t-il pu mourir misérable? Qui fut cause de son malheur?...

—Votre fille!... Elle en fut la cause bien innocente, hélas! Car elle adorait celui qu'elle croyait son père... Le procureur Fourcaud, ce digne homme, voulut élever votre fille dans une religion qui était la vôtre... Souvenez-vous. Votre père n'était pas catholique...

—Non... nous n'allions jamais à l'église catholique...

—Vous étiez ce qu'on appelle des huguenots... Le procureur Fourcaud voulut donc que Jeanne... votre fille, fût élevée dans la religion des huguenots, qui était celle de votre père et la vôtre.. religion proscrite...

—Oui, oui, hélas!... Combien des nôtres sont morts!

—C'est vrai. Fourcaud a donc été dénoncé comme hérétique, et jeté en prison où il est mort...

—Dénoncé!... Oh! si je connaissais le dénonciateur!... J'irais lui arracher le coeur!

—Je sais par qui cet homme de bien a été dénoncé, dit alors lentement Fausta. Ce ne fut pas par un homme, mais par une femme... une jeune fille...