Claudine fit un bond.

—Qu'avez-vous, mon enfant? demanda Fausta.

—Vous venez de dire... balbutia Claudine... mais c'est une erreur.

—J'ai dit deux cent mille livres.

—Cette somme... cette somme énorme...

—Elle est à vous le jour que je vous ai dit, à condition que, la veille de ce jour... c'est-à-dire le vingt et unième d'octobre, vous m'aidiez dans une petite opération que j'ai résolu de mener à bien.

—Ah! madame, est-ce que je ne vous appartiens pas tous les jours!...

—N'en parlons donc plus. Au moment voulu, je vous expliquerai mon opération et vous assignerai votre rôle. Pour le moment, veuillez m'envoyez chercher celle de vos petites prisonnières qui s'appelle Jeanne.

Claudine, encore tout éblouie, s'élança. Quelques minutes plus tard, elle revenait, conduisant par la main la compagne de captivité de Violetta, c'est-à-dire Jeanne Fourcaud.

Depuis qu'elle était enfermée dans l'enclos du couvent, Jeanne Fourcaud s'attendait toujours à voir apparaître sa soeur Madeleine, ainsi qu'on le lui avait promis. Elle avait cent fois répété à Violetta sa triste histoire et sa merveilleuse délivrance.