A cette lumière, quelqu'un qui se fût intéressé aux faits et gestes du cavalier eût reconnu en lui l'un des principaux acolytes de Fausta. C'était le cardinal Rovenni, celui-là qui, dans le palais Fausta, avait lu l'acte d'accusation contre Farnèse et maître Claude.
Dans la pièce où il venait de pénétrer, un vieillard était enfoui au fond d'un vaste fauteuil. Replié sur lui-même, très pâle, secoué par des accès de toux, le vieillard semblait bien près de sa fin. Le cardinal Rovenni s'approcha du fauteuil, se courba, s'inclina, s'agenouilla et murmura:
—Saint-Père, me voici aux ordres de Votre Sainteté...
—Relevez-vous, mon cher Rovenni, râla d'une voix bien faible le vieillard, et causons en bons amis...
Ce mourant, c'était en effet le meunier qui, dans cette pièce même, avait eu, sous le nom de M. Peretti, un entretien avec le chevalier de Pardaillan. C'était Sixte-Quint...
—J'ai voulu, fit le pape, goûter à la grandeur suprême, et voilà que la tiare m'écrase... Ah! si je pouvais déposer le pouvoir!... mais il est trop tard maintenant.
—Vous avez encore de longues années à vivre, heureusement pour l'Eglise, dit Rovenni.
Sixte-Quint haussa les épaules.
—Six mois, mon bon Rovenni... voilà ce que j'ai devant moi... et encore!... Et tant d'affaires à arranger!... Cette conspiration dans laquelle vous vous êtes laissé entraîner...
—Saint-Père!...