—Ce n'est pas un reproche. Vous et d'autres, n'avez péché que par ma faute... je me suis montré un peu dur... je croyais bien faire... n'en parlons plus! Il faut donc, avant que je ne m'en aille rendre compte à Dieu, laisser les clefs à un vigilant gardien de la Maison.
Rovenni tressaillit et considéra le vieillard avec plus d'attention.
—Celui qui doit me remplacer... continua Sixte.
Un accès de toux l'interrompit, si déchirant que Rovenni se leva pour appeler du secours.
—Vous voyez, fit-il tristement... Quand je dis six mois... je crains d'exagérer... L'essentiel, dis-je, est que j'écrase cette conspiration avant de mourir, et puis que j'assure ma succession à quelqu'un qui en sera digne...
Le pape darda un pâle regard sur Rovenni palpitant.
—Ce quelqu'un, ajouta-t-il, vous le connaissez... c'est un de vos amis... votre meilleur ami...
—Saint-Père! balbutia Rovenni en pâlissant de joie.
—Chut!... Je n'ai pas dit que ce fût vous que je destine à me remplacer, interrompit le pape avec un sourire; j'ai seulement dit que c'était votre meilleur ami...
—Je sais que je suis indigne d'un tel honneur...