—Oui... Et vous me disiez donc, mon bon Rovenni, que peut-être une occasion pouvait se présenter... tandis qu'elle me croit bien loin... J'ai la tête si faible...

—Je vous disais, Saint-Père, reprit le cardinal Rovenni, qu'une circonstance devait se présenter bientôt où Votre Sainteté pourrait trouver les conspirateurs rassemblés pour y préparer les événements que vous connaissez...

—C'est-à-dire la chute de Henri III et l'avènement des Guise au trône de France.

—Oui, Saint-Père!... Donc, les principaux d'entre les conspirateurs, cardinaux ou évêques, doivent s'assembler pour une de ces cérémonies qu'elle sait organiser avec son infernal talent. Vous saurez que nul comme elle ne s'entend à frapper l'imagination de ceux qui l'entourent.

—Oui. C'est un point que j'ai trop négligé. Il faut aux hommes du théâtre, des spectacles magnifiques ou terribles. N'oubliez pas cela quand vous serez pape, Rovenni...

—Ah! balbutia le cardinal, qui pâlit et joignit les mains, que dit là Votre Sainteté?...

—Cela m'a échappé... mais pas un mot!... Mettez que je n'ai rien dit... poursuivez, mon bon ami...

—Eh bien, Saint-Père, je disais que rien ne serait plus facile que de profiter de cette réunion...

—Mais Guise? interrogea le pape, dans l'oeil duquel s'alluma un éclair.

—Le duc de Guise doit venir à cette cérémonie avec ses gentilshommes et ses gens d'armes... Or, savez-vous qui doit le prévenir?... C'est moi, Saint-Père!