Sans doute, Sixte-Quint dut faire un signe, car, bientôt, le silence se rétablit par degrés.

—Vénérable et saint père de la Chrétienté, dit Pardaillan, êtes-vous là?

—Que voulez-vous? dit une voix rude qu'il ne connaissait pas et qui était celle de Rovenni.

—Je ne veux rien, reprit Pardaillan. Veuillez seulement rappeler à M. Peretti qu'en certaine circonstance et en certain moulin il n'a pas eu à se plaindre de moi...

—Le service que cet homme nous rendit alors est aboli par son insolence et ses criminelles menaces d'aujourd'hui, fit la voix du pape. Cardinal, demandez-lui si c'est là tout ce qu'il a à nous dire, et ajoutez qu'en reconnaissance de ce service passé je lui accorde une heure pour dire ses prières...

—Vous avez entendu? gronda Rovenni.

—Oui! Dites à Sa Sainteté qu'avant les trois heures que vous mettrez certainement à défoncer cette porte, avant ce temps, dis-je, ce couvent sera envahi, par des gens qui n'auront peut-être pas pour le Saint-Père tout le respect que j'ai pour lui... c'est encore un service que je rends à Sa Sainteté!

—Misérable et insolent impie, vociféra Rovenni. Gardes, enfoncez cette porte!...

Mais le pape fit un geste, et la meute s'arrêta court.

—J'ai vu, étudié, pesé cet homme, dit-il. C'est l'audace incarnée. Au moulin de la butte Saint-Roch, il a accompli des prodiges. Partons! Rovenni, je vous attendrai avec vos compagnons à Lyon. De là, nous gagnerons l'Italie et Rome... Mon cher Rovenni, dites à vos compagnons qu'il y a pour tous indulgence plénière... sans compter le reste. Quant à vous, vous savez ce qui vous attend... Partons maintenant. Il serait horrible que, sur la fin de mes jours, j'aie la douleur de voir les meilleurs d'entre les nôtres égorgés par des truands!... »